Douze heures de route, quarante minutes de combat : Nyon s’offre Lugano

Douze heures de route, quarante minutes de combat : Nyon s’offre Lugano

Au bout d’un déplacement éprouvant – près de six heures de route à l’aller et autant au retour – le BBC Nyon est allé chercher une victoire de caractère à Lugano (70-77). Sans grande réussite extérieure, les Vaudois ont compensé par leur activité, leur domination au rebond offensif et leur capacité à maîtriser les dernières minutes. Deuxième succès consécutif et une équipe qui commence déjà à montrer plusieurs visages.

Il fallait d’abord y arriver.

Près de six heures de route pour rejoindre le Tessin, puis autant pour rentrer à Nyon. Douze heures de déplacement autour de quarante minutes de basket. Dans une saison, ce genre de journée pèse sur les jambes, sur la concentration et sur la récupération.

Le BBC Nyon aurait pu s’en servir comme excuse.

Dimanche à Lugano, les Vaudois se sont imposés 77-70 au terme d’un match qui n’a jamais vraiment choisi son camp avant les dernières minutes. Une victoire moins spectaculaire que celle décrochée quelques jours plus tôt au Rocher, mais peut-être plus révélatrice encore de ce que cette équipe est en train de construire.

Parce que Nyon n’a pas gagné grâce à une soirée d’adresse exceptionnelle.

Bien au contraire.

Avec 30 tirs réussis sur 78 tentés, soit 38,5 %, les Nyonnais ont quasiment affiché le même pourcentage global que Lugano, auteur d’un 22 sur 57 à 38,6 %. Derrière la ligne à trois points, les Tessinois ont même été plus efficaces : 9 réussites sur 26, contre seulement 7 sur 26 pour Nyon.

Et pourtant, à l’arrivée, sept points séparaient les deux équipes.

Soixante-dix-huit tirs tentés par Nyon, contre cinquante-sept seulement pour Lugano. Vingt et une tentatives supplémentaires. Un écart considérable dans une rencontre aussi serrée.

Et pour comprendre pourquoi, il suffit de regarder une autre ligne statistique : 17 rebonds offensifs pour le BBC Nyon, contre seulement 8 pour Lugano.

Nyon n’a pas forcément mieux tiré. Il s’est simplement donné beaucoup plus souvent le droit de tirer. Le début de rencontre avait pourtant été encourageant. Les Nyonnais entraient avec de l’agressivité et prenaient rapidement les commandes pour empocher le premier quart 23-17. Mais Lugano répondait immédiatement.

Plus précis, plus agressif offensivement, le club tessinois retournait complètement la dynamique dans le deuxième quart-temps, remporté 24-14. À la pause, les locaux avaient repris les devants : 41-37. C’est précisément le genre de séquence qui avait fait mal à Nyon lors du premier match de championnat à Genève. Cette fois, le BBC n’a pas décroché.

Au retour des vestiaires, les Vaudois ont retrouvé leur agressivité et leur activité au rebond. Petit à petit, ils ont grignoté leur retard, remporté le troisième quart 20-16 et ramené les deux formations à égalité parfaite après trente minutes : 57-57. Tout allait donc se décider dans les dix dernières minutes.

Et c’est là que Nyon a été le plus solide.

Pas forcément le plus brillant.

Le plus solide.

Lugano n’a inscrit que 13 points dans le dernier quart. Nyon en a marqué 20. Les Vaudois ont mieux protégé leur panier, continué à multiplier les secondes chances et surtout gardé suffisamment de lucidité pour prendre le contrôle au moment où la fatigue aurait pu commencer à peser. Après près de six heures de trajet avant même l’entre-deux, c’est loin d’être anecdotique.

Elliott toujours là, Stoppiello répond présent

Offensivement, Elijah Elliott a une nouvelle fois été le principal point d’ancrage de Nyon. Le guard américain a inscrit 24 points, auxquels il a ajouté 7 rebonds et 4 passes décisives en près de 38 minutes.

Son rendement n’a pas été aussi spectaculaire que lors de ses 39 points face aux Starwings, mais son importance reste évidente. Même dans une soirée où l’adresse est moins naturelle, Elliott continue à peser.

À ses côtés, Masiah Gilyard a terminé avec 17 points et 8 rebonds. Le point guard a lui aussi dû batailler pour ses paniers, mais son activité a une nouvelle fois apporté énormément. Et surtout, Nyon a trouvé des relais.

Nelson Stoppiello a livré une prestation particulièrement efficace avec 11 points à 4 sur 6 aux tirs et 4 rebonds en moins de 22 minutes. Une contribution précieuse dans une rencontre où chaque panier comptait.

Axel Ugurtas a ajouté 10 points, 5 rebonds et 2 passes, tandis qu’Arthur Minkonda continue d’impressionner dans un domaine bien précis.

Le Français a terminé avec 9 points, 13 rebonds et 3 passes.

Après 15 rebonds à Genève puis 14 contre les Starwings, Minkonda en ajoute donc 13 à Lugano. Quarante-deux rebonds en trois rencontres, soit 14 de moyenne.

Dans une équipe qui cherche encore ses automatismes offensifs, cette capacité à offrir des possessions supplémentaires constitue déjà une arme majeure.

Zachary Harvey-Seutcheu a également apporté 4 points en sortie de banc, tandis que Matteo Smith a inscrit les deux unités restantes.

Une victoire différente, et c’est peut-être le plus intéressant

Quelques jours plus tôt, Nyon avait battu les Starwings 95-83 dans un match porté par les 39 points d’Elliott et une attaque flamboyante.

À Lugano, le décor était complètement différent.

Moins d’adresse. Plus de déchet. Un déplacement interminable. Un adversaire accrocheur. Une rencontre encore à égalité après trente minutes.

Et pourtant, Nyon a trouvé une autre manière de gagner.

C’est peut-être le signe le plus intéressant de ce début de championnat.

Les Vaudois ne semblent pas dépendre d’une seule recette. Quand l’adresse extérieure n’est pas au rendez-vous, ils peuvent aller chercher des secondes chances. Quand leur attaque se grippe, ils peuvent s’appuyer sur leur activité au rebond. Et lorsqu’un temps faible arrive, ils commencent déjà à montrer qu’ils peuvent rester dans le match sans perdre le fil.

Après la défaite inaugurale à Genève, le BBC Nyon vient ainsi d’enchaîner deux victoires consécutives et présente désormais un bilan positif de deux succès pour une défaite.

Mais au-delà du classement, cette soirée tessinoise pourrait compter pour autre chose.

Pour ce qu’elle raconte d’un groupe encore jeune dans sa construction.

Six heures de route pour venir. Une bataille de quarante minutes. Six heures pour rentrer. Et une victoire dans les bagages.

Certaines soirées rapprochent un groupe plus vite que d’autres.

Celle-là pourrait en faire partie.

#LetsgoNyon 🔵⚪

Crédit photo : Andy Meier @am_inthepaint

Auteur : Gilles Huguenin